À Lac-Brome, Les Jumelles réunit deux maisons conçues comme une seule composition : des volumes étroits et apparentés, légèrement désaxés dans le plan et dans la pente. Une architecture pensée au pluriel, où la répétition, l’intervalle et le paysage partagé donnent aux deux résidences leur identité commune.
Sur un vaste terrain boisé de Lac-Brome, deux maisons se tiennent à une trentaine de pieds l’une de l’autre. Conçues pour les deux architectes fondateurs de Matière Première Architecture, Les Jumelles sont nées du désir de réaliser simultanément leurs premières résidences et de tirer parti des gains qu’offrait un projet double. La proximité des bâtiments devient dès lors le point de départ d’une composition pensée comme un tout, à l’échelle du site.
La construction conjointe permet de regrouper certaines opérations, de coordonner les livraisons et de développer les détails comme un système commun. Cette économie de moyens se traduit par deux volumes principaux d’environ 19 pieds sur 53 pieds, suffisamment étroits pour simplifier les portées et limiter la complexité structurale. À chaque maison s’ajoute un garage plus bas, lui aussi coiffé d’un toit à pignon. Les quatre volumes composent depuis la rue une séquence de silhouettes apparentées.
La répétition établit une grammaire commune, tandis que les décalages donnent sa profondeur à l’ensemble. Une maison glisse légèrement par rapport à l’autre dans le plan transversal, et la pente du terrain introduit une différence d’élévation. Ces mouvements permettent aux deux bâtiments de demeurer visibles simultanément. Au fil du déplacement, les pignons semblent se rapprocher, se superposer puis s’écarter entre les arbres. Le vide d’une trentaine de pieds qui les sépare participe pleinement à cette lecture.
Les façades sur rue demeurent relativement fermées et sont ponctuées de quelques ouvertures verticales. Le bois sombre posé verticalement enveloppe les maisons et les garages d’une même matière, rapprochant leur silhouette des ombres du boisé. À l’arrière, les espaces de vie se terminent par de grandes parois vitrées orientées vers la forêt et les jardins. La hauteur du vitrage révèle les volumes cathédrale et transforme les séjours en belvédères domestiques.
À l’intérieur, les dimensions contenues des pièces sont compensées par une organisation verticale. La dalle de béton poli relie la cuisine, la salle à manger et le salon, tandis que le lambris de cèdre peint en blanc diffuse la lumière naturelle. Au-dessus du séjour, une mezzanine élargit la circulation et devient un boudoir, un lieu de lecture ou un espace de jeu. Elle permet aux enfants d’occuper l’étage tout en conservant un contact visuel et sonore avec les espaces communs.
Le paysage prolonge la logique collective du projet. Les plantations installées entre les bâtiments appartiennent à des propriétés distinctes, mais elles participent aux vues de la maison voisine. À l’avant, un plateau planté et des murets de pierre accompagnent la pente et adoucissent la transition depuis la rue. Une partie des pierres provient du site, où elles avaient autrefois été accumulées le long des anciennes limites agricoles.
Avec le temps, les deux maisons ont progressivement affirmé leurs différences. Les terrasses, les plantations et les usages familiaux ont transformé une architecture presque identique en deux manières distinctes d’habiter. Une remise commune rassemble les outils, tandis qu’une piscine située sur l’un des lots s’inscrit dans une logique de partage. L’ensemble conserve pourtant sa cohérence première : deux résidences autonomes dont l’architecture se complète dans leur relation.
Fiche technique
LieuLac-Brome
Année2020
Superficie260 m²
ArchitectureMatière Première Architecture
Constructionnu drom
ImagesIan Balmorel
Merci de conserver les crédits indiqués pour chaque image. Les fichiers de publication sont disponibles sur demande.
99 photographies · fichiers de publication sur demande