
À Ogden, un plateau glissé entre deux pentes ouvre sur le lac Memphrémagog : une maison et son garage détaché y composent avec un relief qui commande tout.
Sur la rive ouest du lac Memphrémagog, un petit plateau se glisse entre deux pentes qui se terminent en falaise au-dessus de l’eau. Une famille souhaitait y trouver une retraite en forêt, assez généreuse pour recevoir. Mais le seul accès au site se trouve un étage plus bas. C’est de cette contrainte qu’est né le plan.


Plutôt que d’ajouter une intervention dans la pente — ce que la réglementation ne permet pas —, la montée est intégrée au bâtiment accessoire, qui réunit garage et loft. L’arrivée devient alors une séquence : on gravit un étage, on émerge sur le plateau, on passe entre les volumes. Puis le lac apparaît.


Autour du lac, maisons et chalets se sont souvent transformés par ajouts successifs : une annexe, un garage, un bâtiment de service — des constructions guidées d’abord par l’usage, puis intégrées au paysage avec le temps. Le projet retient de ce vocabulaire vernaculaire la relation entre des volumes de tailles et d’orientations différentes, ainsi que l’ambiguïté d’une maison qui semble s’être construite par strates.
C’est de cette logique qu’est née La Descente.
Le garage reste détaché de la résidence et pivote légèrement par rapport à elle. Ce décalage ouvre une perspective vers le lac entre les deux bâtiments : ici, l’intervalle appartient à la composition autant que les volumes.
Les zones de faible pente étant limitées, les espaces extérieurs se rapprochent naturellement des bâtiments. Sous le volume des chambres, une cuisine extérieure s’abrite derrière un store motorisé. En face, la piscine s’adosse à la maison et partage avec elle la vue sur le lac Memphrémagog.


On circule dans la maison comme dans une sculpture : arêtes franches, arrondis, hauteurs qui changent d’une pièce à l’autre. Dès l’entrée, un mur courbe accompagne le pas vers l’escalier et laisse deviner le vestiaire derrière un verre cannelé.


Les propriétaires n’avaient qu’une demande de conception : un salon cathédral, éclairé par un vitrage triangulaire en partie haute. Pour garder une façade juste de proportions, le volume est poursuivi vers l’extérieur et le mur-rideau reculé sous le toit. Dans ce grand vaisseau clair, la cuisine, la salle à manger et le salon sont définis par le mobilier plutôt que par des cloisons.
« Les fenêtres triangulaires apportaient quelque chose d’important à l’intérieur, mais on ne voulait pas que cette intention se fasse au détriment de la façade. En travaillant le projet, on a choisi de prolonger le volume vers l’extérieur et de reculer le mur-rideau. Ce geste assez simple nous a permis de préserver les deux : la qualité de l’espace intérieur et une façade plus équilibrée. »
— Marc-Antoine Chrétien, architecte



Plutôt qu’un étage de plus, ce sont les combles qui sont habités : la maison reste basse parmi ses voisines. Des lucarnes y apportent la lumière et cadrent des vues ciblées entre les arbres. Le cèdre blanc relie les ambiances — prévieilli dehors, sablé et huilé dedans.


La piscine reste tout près de la maison, dans la continuité du regard vers le lac. Quelques marches plus bas, l’espace feu en béton profite de la vue sans fermer la perspective. Ces changements de niveau donnent aux abords des usages distincts.
Transporter la structure, le béton et les fenêtres sur ce terrain escarpé a été une tâche ardue. Le chantier a dû composer avec la pente même qui avait dessiné la maison.

— Fiche technique
- Architecte
- Matière Première Architecture
- Entrepreneur
- nu drom
- Photographe
- Maxime Brouillet
- Presse
- Communiqué de presse
— Autres photos


































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